La puissance d’une pompe à chaleur se calcule sur ce que la maison perd par le jour le plus froid de référence : ses déperditions, exprimées en watts par degré d’écart, multipliées par l’écart entre 19 °C à l’intérieur et −15 °C à l’extérieur, la température de base de nos cinq départements. Une maison qui perd 250 W par degré demande ainsi 250 × 34 = 8,5 kW. Cette puissance se vérifie ensuite à −15 °C dans les données du constructeur, pas au chiffre nominal mesuré à +7 °C. Pour voir comment nous menons cette étude chez vous, consultez notre page pompe à chaleur air/eau.
Pourquoi −15 °C en Alsace et en Lorraine
La norme de calcul des déperditions, la NF EN 12831, s’accompagne d’un complément national, la NF P 52-612/CN, qui fixe la température extérieure de base de chaque département. Pour le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Moselle, les Vosges et la Meurthe-et-Moselle, elle vaut −15 °C au niveau de la mer (tableau D.1a), et se corrige avec l’altitude (tableau D.1b) :
| Altitude du logement | Température de base |
|---|---|
| jusqu’à 400 m | −15 °C |
| 401 à 500 m | −16 °C |
| 501 à 600 m | −17 °C |
| 601 à 700 m | −18 °C |
| 701 à 800 m | −19 °C |
| 801 à 900 m | −20 °C |
Sur les 101 communes étudiées pour ce site, toutes les villes de plus de 8 000 habitants des cinq départements et les communes de plus de 3 000 habitants à 25 km ou moins de Hœrdt à vol d’oiseau, l’altitude de la mairie va de 121,7 m à Soufflenheim à 337,6 m à Saint-Dié-des-Vosges : toutes sont sous 400 m, donc à −15 °C. Une maison des hauteurs vosgiennes se calcule plus froid, à l’altitude du logement lui-même. Sources : NF P 52-612/CN, tableaux lus sur leur reproduction par la société d’ingénierie INEX ; altitudes IGN RGE ALTI, relevé du 19/10/2026.
Côté intérieur, le code de l’énergie fixe à 19 °C en moyenne la limite de température de chauffage d’un logement (article R. 241-26) : l’écart de calcul est donc de 34 °C.
Un point surprend souvent : l’étiquette énergie européenne des pompes à chaleur calcule leurs performances en « conditions climatiques moyennes », celles de Strasbourg (règlement (UE) n° 811/2013, annexe I). Les règles européennes d’écoconception retiennent pour ce climat une température de calcul de −10 °C et admettent qu’un appareil déclare une température limite de fonctionnement de −7 °C, en dessous de laquelle il ne chauffe plus (règlement (UE) n° 813/2013, annexe III). Pour une maison alsacienne ou lorraine, il faut donc lire la puissance disponible à −15 °C et une température limite nettement plus basse.
Calculer les déperditions de la maison
Le bilan thermique se fait pièce par pièce. Pour chaque paroi qui donne sur l’extérieur ou sur un local non chauffé, on multiplie sa surface par son coefficient de transmission, qui dépend de sa composition et de son isolation : murs, fenêtres, toit ou plafond sous comble, plancher bas. On ajoute les ponts thermiques, aux jonctions des planchers et autour des fenêtres, puis le renouvellement d’air : chaque mètre cube d’air neuf demande environ 0,34 Wh pour gagner un degré. Une ventilation de 120 m³ par heure représente à elle seule 0,34 × 120 × 34, soit environ 1,4 kW par −15 °C.
Ce calcul n’est pas une formalité. Pour la prime CEE, la fiche BAR-TH-171 impose au professionnel une note de dimensionnement de la pompe à chaleur « par rapport aux déperditions calculées » à la température de base, pour les pièces desservies par le réseau de chauffage, sans tenir compte des autres générateurs présents : un poêle à bois ne réduit pas le besoin calculé. La pompe à chaleur posée doit suivre cette note, remise au client à l’engagement de l’opération (fiche BAR-TH-171, version du 01/09/2026).
Le DPE ne suffit pas : il donne une consommation annuelle, pas une puissance par grand froid. Vos factures des hivers passés servent de recoupement, à condition de tenir compte de vos habitudes et des pièces que vous chauffiez vraiment.
Quatre cas types en Alsace et en Lorraine
Ces cas sont des exemples de calcul, avec des déperditions supposées, pas des chantiers réels. Ils montrent comment l’isolation et l’altitude changent la puissance.
| Cas | Déperditions supposées | Température de base | Puissance à −15 °C ou à la base |
|---|---|---|---|
| Maison de 1960 en Moselle, 110 m², murs non isolés | 320 W par degré | −15 °C | 10,9 kW |
| La même maison après isolation par l’extérieur | 210 W par degré | −15 °C | 7,1 kW |
| Pavillon de 1985 dans le Bas-Rhin, 130 m² | 200 W par degré | −15 °C | 6,8 kW |
| Maison à 650 m d’altitude dans les Vosges | 280 W par degré | −18 °C | 10,4 kW |
La maison de 1960 en Moselle ressemble à beaucoup d’autres : 27,7 % des résidences principales du département datent de 1946 à 1970 (INSEE, recensement 2023). Parmi les 252 794 DPE réalisés en Moselle depuis juillet 2021, 22,5 % sont classés E, F ou G, et la consommation médiane atteint 161,9 kWh d’énergie primaire par m² et par an (ADEME, base des DPE, mise à jour du 14/10/2026). Avec ses radiateurs en fonte d’origine, il faut vérifier la température d’eau nécessaire dans chaque pièce par −15 °C.
Après une isolation par l’extérieur, la même maison passe de 10,9 à 7,1 kW. Si la pompe à chaleur avait été choisie avant les travaux, elle serait surdimensionnée de plus de 50 %. C’est pourquoi l’ADEME conseille, quand c’est possible, d’isoler avant de changer de chauffage, et de faire régler l’appareil sur les nouveaux besoins si l’isolation vient après. Voir notre guide sur le prix de l’isolation par l’extérieur.
Le pavillon de 1985 dans le Bas-Rhin appartient à la génération la plus nombreuse du département : 27,0 % des résidences principales datent de 1971 à 1990. Parmi les 247 323 DPE du Bas-Rhin, 22,2 % sont classés E, F ou G, et le gaz naturel est l’énergie de chauffage principale de 45,2 % d’entre eux. Isolé dès la construction, ce pavillon peut garder ses radiateurs avec une pompe à chaleur moyenne température si le calcul pièce par pièce le confirme.
La maison vosgienne à 650 m se calcule à −18 °C : 37 degrés d’écart au lieu de 34, soit 10,4 kW au lieu de 9,5 kW pour les mêmes déperditions. Les Vosges comptent la plus forte part de logements d’avant 1919 de notre zone, 15,6 % des résidences principales, et 48,5 % d’avant 1971 ; 29,4 % de leurs 71 689 DPE sont en E, F ou G ; le bois y est l’énergie de chauffage principale de 7,6 % des DPE, le fioul de 10,1 %.
Émetteurs et température de l’eau
La puissance ne suffit pas : il faut aussi que vos radiateurs ou votre plancher diffusent cette chaleur avec une eau assez peu chaude pour que la pompe à chaleur reste efficace. Selon l’ADEME, les pompes à chaleur basse et moyenne température fournissent une eau de 35 à 55 °C, les modèles haute température au-delà ; les radiateurs basse température fonctionnent entre 30 et 50 °C selon la température extérieure ; la surface d’un plancher chauffant ne dépasse jamais 28 °C. Plus l’eau est chaude, plus le coefficient de performance baisse.
La fiche CEE en tire la règle de calcul : avec un plancher, un plafond ou un mur chauffant, ou des ventilo-convecteurs à eau, la pompe à chaleur est en application basse température et c’est son efficacité saisonnière à 35 °C qui compte ; avec tous les autres émetteurs, y compris des radiateurs dits « basse température » à 45 °C ou un mélange radiateurs et plancher, c’est son efficacité à 55 °C. Il en va de même quand la pompe à chaleur produit aussi l’eau chaude sanitaire.
Concrètement, nous calculons la puissance de chaque radiateur à la température d’eau visée. Les anciens radiateurs conviennent souvent s’ils sont assez dimensionnés, note l’ADEME ; un ou deux trop petits se remplacent. La courbe de chauffe, réglée à la mise en service, fait ensuite varier la température de l’eau avec celle de l’extérieur : l’eau n’est à son maximum que par les jours les plus froids.
Appoint et température de bivalence
Quand il fait très froid, la puissance d’une pompe à chaleur air/eau baisse alors que les besoins de la maison augmentent. Le règlement (UE) n° 811/2013 appelle température bivalente la température extérieure en dessous de laquelle l’appareil a besoin d’un appoint, et température limite de fonctionnement celle en dessous de laquelle il ne fournit plus de chaleur. Les pompes à chaleur aérothermiques peuvent intégrer des résistances électriques d’appoint, où 1 kWh d’électricité ne donne que 1 kWh de chaleur : elles doivent rester un complément pour les jours les plus froids.
La note de dimensionnement dit quelle part des déperditions la pompe à chaleur couvre à −15 °C et ce que fait l’appoint. L’association avec une chaudière, la pompe à chaleur hybride, n’ouvre plus droit à MaPrimeRénov’ depuis le 1er septembre 2026, et la fiche CEE BAR-TH-171 exclut les pompes à chaleur associées à un autre système de chauffage.
Ce que coûte une pompe à chaleur surdimensionnée
Une pompe à chaleur trop puissante, prévient l’ADEME, consomme plus d’électricité que nécessaire, fonctionne en sous-régime avec des cycles courts et s’use plus vite. Elle coûte aussi plus cher à l’achat : 18 410 € en moyenne pour un modèle de 10 à 12 kW contre 13 947 € pour 7 à 8 kW (Observ’ER, prix 2025, TTC à 5,5 %). Comme MaPrimeRénov’ retient au plus 12 000 € de dépense, les 4 463 € d’écart restent à votre charge. Elle peut enfin imposer de passer de 6 à 9 kVA, soit 48 € d’abonnement de plus par an au Tarif Bleu (EDF, 01/08/2026).
À l’inverse, une pompe à chaleur trop juste laisse l’appoint électrique travailler souvent, avec une facture qui s’en ressent. Le bon dimensionnement se situe entre les deux, et il est propre à chaque maison. Sources : ADEME, Comment choisir sa pompe à chaleur ?, décembre 2025 ; Observ’ER, suivi du marché 2025.
Ce que nous faisons pour dimensionner votre pompe à chaleur
Nous sommes une entreprise RGE QualiPAC de Hœrdt, au nord de Strasbourg, et nous posons nous-mêmes. Pour chaque projet :
- Une visite technique : relevé des pièces, des parois, des fenêtres, de la ventilation et de chaque radiateur, avec l’altitude de la maison.
- Le calcul des déperditions à la température de base et la note de dimensionnement, remise avant votre engagement.
- Le choix d’un modèle dont la puissance à −15 °C et la température limite conviennent, parmi Mitsubishi Electric, Atlantic, Bosch ou Ariston selon le projet.
- La pose, la mise en service et le réglage de la courbe de chauffe, que nous vous expliquons.
Vous nous laissez votre numéro, nous vous rappelons. Pour aller plus loin, voyez notre page pompe à chaleur air/eau, les aides pour une pompe à chaleur, nos guides du prix d’une pompe à chaleur air/eau et pompe à chaleur air/air ou air/eau, ou demandez un devis.


