À Mulhouse, la rénovation se joue surtout en appartement : les maisons ne représentent que 14,6 % des résidences principales et un ménage sur trois (33,8 %) habite chez lui en propriétaire, selon le recensement 2023 de l’INSEE. Le parc est ancien : 59,7 % des résidences principales datent d’avant 1971, dont 27,2 % d’avant 1946.
De la Cité de 1853 aux Coteaux
En 1853, Jean Dollfus fonde la Société mulhousienne des cités ouvrières. La Cité, commencée entre le canal de décharge et l’avenue de Colmar puis étendue au-delà du canal, comptera 1 243 maisons : maisons en bande et « carrés mulhousiens », une maison divisée en quatre logements avec entrées indépendantes et jardinet, que les ouvriers pouvaient acheter. À la fin du XIXe siècle, les caisses de crédit mutuel multiplient les immeubles R+2+C : rez-de-chaussée, deux étages et combles. La ville prend ensuite le relais, avec les 812 logements de la cité Drouot en 1930, la cité Wagner (635 logements, 1956-1958) et les Coteaux, l’une des premières ZUP de France (m2A, circuit des cités ouvrières).
Ces formes dictent les travaux. Dans un carré mulhousien, le toit et les façades sont partagés entre quatre propriétaires. Les combles des R+2+C se prêtent à l’isolation des rampants. Dans les grands ensembles, le chauffage central collectif, qui concerne 35,8 % des résidences principales (INSEE 2021), se décide en copropriété. Le PLU note enfin que les extensions et la minéralisation des jardins ont transformé la Cité, et prévoit des règles pour la préserver.
Deux sites patrimoniaux remarquables et un chauffage au gaz
Le quartier Franklin, qui englobe une partie de la Cité, et le cimetière central sont des sites patrimoniaux remarquables, issus de ZPPAUP de 2005 et de 2008 : tout projet qui touche aux façades, isolation extérieure comprise, y suppose l’accord de l’architecte des Bâtiments de France.
Le chauffage est d’abord au gaz. Parmi les 37 130 DPE établis à Mulhouse depuis juillet 2021, 67,4 % décrivent un chauffage au gaz naturel, 19,2 % à l’électricité, 11,2 % un réseau de chaleur et 1,7 % du fioul. Les étiquettes se concentrent en D (36,9 %) et en E (21,0 %), et 8,0 % sont classées F ou G. Pour un appartement en D ou en E, nous regardons d’abord les parois en contact avec l’extérieur ou avec des combles froids, puis le confort d’été.
Sources : INSEE, Logement en 2023, base des principaux indicateurs ; ADEME, DPE des logements existants depuis juillet 2021 ; m2A, circuit à vélo des cités ouvrières ; Ville de Mulhouse, PLU, rapport de présentation (diagnostic, p. 95 à 142) ; Ministère de la Culture, liste des sites patrimoniaux remarquables (mise à jour du 19/10/2026) ; Météo-France, fiche climatologique Bâle-Mulhouse, 1991-2020


