Villages-rues, cités minières et ville impériale
Hors des villes, la Moselle reste un pays de villages-rues. La maison lorraine y est accolée à ses voisines par les pignons, se développe en profondeur sous un toit à deux pans parallèle à la rue, et sa façade donne sur l’usoir, cette bande entre la maison et la chaussée qui relève du domaine public (DREAL Grand Est ; Wikipédia, article Usoir). Pour une rénovation, cela laisse deux façades à isoler, des murs mitoyens déjà protégés par la maison voisine, et une façade sur rue dont l’isolation par l’extérieur empiète sur l’usoir.
Au nord-est, le bassin houiller a bâti ses cités. À Forbach, le carreau du siège Simon, élevé de 1905 à 1910 pour la Société des Houillères de Stiring, garde ses bandeaux de briques de couleurs différentes (base Mérimée). Dans la vallée de la Fensch, les maîtres de forges, dont la famille de Wendel, ont fondé dès la seconde moitié du XIXe siècle mines, usines sidérurgiques et cités ouvrières ; Hayange a vu ses hauts-fourneaux s’éteindre en 2011 (URCAUE de Lorraine). Le parc en garde la trace : 27,7 % des résidences principales du département datent de 1946 à 1970 (INSEE 2023).
À Metz, la Ville impériale, bâtie pendant l’annexion, fait partie depuis l’arrêté préfectoral du 25 octobre 2010 du site patrimonial remarquable de 163 hectares, où tous les travaux, intérieurs compris, passent par l’avis conforme de l’architecte des Bâtiments de France (Eurométropole de Metz). Ailleurs, la base Mérimée recense 428 édifices protégés au titre des monuments historiques en Moselle : à moins de 500 mètres de chacun, une maison visible avec le monument relève aussi de cet avis pour ses travaux extérieurs.
Comment les Mosellans se chauffent
Le gaz domine. Parmi les 252 794 DPE réalisés en Moselle depuis juillet 2021, le gaz naturel chauffe 54,7 % des logements diagnostiqués, un réseau de chaleur 21,6 % et le fioul 4,4 %. L’INSEE compte pourtant 51 201 résidences principales encore chauffées au fioul (10,7 %). Les pompes à chaleur apparaissent dans 2,3 % des DPE, dont 3 682 air/eau.
Pour une maison de cité minière, le guide publié en octobre 2024 par Stiring-Wendel et Petite-Rosselle juge l’isolation par l’extérieur inadaptée dès qu’une façade porte des décors de brique ou de pierre, et l’examine projet par projet ailleurs. Nous partons donc toujours de la façade : ce qu’elle montre, ce qui la protège, ce que l’on peut isoler sans l’effacer. Vient ensuite le chauffage, une fois les déperditions connues.
Sources : INSEE, Logement en 2023, base des principaux indicateurs (RP 2023) ; ADEME, DPE logements existants depuis juillet 2021 (données du 14/10/2026) ; Ministère de la Culture, base Mérimée, immeubles protégés au titre des monuments historiques (export du 15/10/2026) ; DREAL Grand Est, la maison lorraine : maison-bloc, village-rue et usoirs ; Wikipédia, Usoir ; POP, carreau du siège Simon I et II, Forbach (PA57000015) ; URCAUE de Lorraine, Sur les traces de l’industrie minière et sidérurgique (Pays-Haut et vallée de la Fensch) ; Eurométropole de Metz, plan de sauvegarde et de mise en valeur de Metz ; Bien rénover ma maison minière lorraine, guide des cités de Stiring-Wendel et Petite-Rosselle, octobre 2024 ; Météo-France, fiche climatologique Metz-Frescaty, statistiques 1991-2020


